Petite histoire dans la petite histoire, voici un post sur les drogues psychiatriques et leurs effets plus que pervers.

Parlez à quelqu’un de « drogues psychiatriques » et vous verrez que dans l’imaginaire populaire, celles-ci sont apparentées aux neuroleptiques lourds et violents uniquement administrés dans les services psychiatriques des hôpitaux. Rares sont ceux pour qui le Valium, le Prozac, le Zoloft, l’Anafranil, le Largactil et la Ritaline pour n’en nommer que quelques uns entrent effectivement dans cette catégorie. Qui sait par exemple que le méthylphénidate (nom générique de la Ritaline, du Concerta et d’autres) est selon la DEA structurellement et pharmalogiquement similaire à la cocaine ?  Ce fait est révélé par une étude publiée en août 2001dans le Journal of the American Medical Association (JAMA) mais de telles nouvelles ne font hélas pas la une des journaux. L’étude est disponible ici.

Il faut avant tout savoir que les drogues psychiatriques embrassent ce qu’on appelle communément les psychostimulants, les antidépresseurs, les antipsychotiques (ou tranquillisants majeurs ou encore neuroleptiques) et enfin les anxiolytiques (ou tranquillisants mineurs, ou encore sédatifs). Il y a ensuite ce qu’on nomme les barbituriques puis le lithium.

Il y a très peu d’information sur ce type de drogues. Pour preuve, je suis certaine que la majorité des lecteurs ne saurait pas faire la différence entre une drogue et une autre. Dans quelle catégorie rentre le Prozac ? le Concerta ?

Dans le post d’aujourd’hui je me vais me concentrer sur les psychostimulants.

Le psychostimulant est à la base défini comme « un stimulant du fonctionnement du cerveau ». Jusque là, pas de problème. Nous avons tous des moments où nous aimerions avoir le cerveau un peu plus stimulé si je peux dire, l’idée est effectivement intéressante et attrayante. Le psychostimulant est d’ailleurs défini dans des sites extrêmement populaires (doctissimo.fr) comme stimulant « la vigilance, l’activité intellectuelle et les perceptions ». Il faut savoir que la cocaïne, le LSD ainsi que l’ecstasy sont des psychostimulants. Toutes les amphétamines sont des psychostimulants. Sur le marché pharmaceutique « légal », on trouve des drogues comme le Largactil, le Vyvanse, le Dextrostat, la Dexedrine, la Ritaline, le Concerta, etc.

Ils sont prescrits dans les cas d’hyperactivité infantile (particulièrement la Ritaline et le Concerta) et pour tout ce qui est diagnostiqué comme « Trouble déficit de l’attention/hyperactivité » ou TDA/H. Le célèbre Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM IV) décrit les symptômes du TDA/H comme étant un déficit de l’attention couplé avec une hyperactivité-impulsivité : impulsivité, hyperactivité, impatience, facilement irrité ou  frustré, sautes d’humeur, inattention, difficulté de se concentrer pendant une période prolongée, moments d’absence, rêveries, difficultés à se mettre au travail, problèmes de mémoire, trop de choses en tête à la fois, commencer trop de choses sans en achever aucune, faible tolérance à l’ennui, difficultés de suivre les procédures établies, anti-conformisme, changements fréquents de hobbies, de centres d’intérêt, de travail, agitation, surexcitation, cyclothymie, manque d’organisation, sentiment d’insécurité,  sentiment de manque de réalisation de soi, les manifestations principales du trouble étant le déficit d’attention, l’impulsivité. Il faut également noter que pour les enfants, « être perfectionniste », « poser beaucoup plus de questions que la normale », « avoir un caractère fort », se préoccuper de sujets humanitaires », « être créatif, intuitif, inventif », « faire preuve d’hypersensibilité » et « avoir beaucoup d’énergie et de vivacité » (selon une étude réalisée en 2006 et publiée dans la très sérieuse Revue Médicale Suisse que vous pouvez visualiser ici – son auteur,  S. Tordjman est professeur de pédopsychiatrie à Rennes et note qu’il est parfois difficile de voir la différence entre les enfants surdoués et les enfants atteints de TDA ) sont également des symptômes de TDA avec ou sans hyperactivité… Je vous assure, il y a des choses qu’il faut voir pour y croire…

Mais tous ces concepts sont extrêmement subjectifs. Le terme « prolongé » aura une connotation différente selon l’observateur. Idem pour les « problèmes de mémoire ». Quelle définition donne-t-on au terme « problème » ici ? Combien de choses faut-il avoir en tête pour considérer qu’on en a « trop » ? Comment qualifier la « tolérance à l’ennui » ? Et que veut dire « fréquent » quand on parle de changements fréquents ? Qui n’a pas de moments d’absence ? Où est la limite et surtout qui la détermine ? Vous l’aurez compris, ces soi-disants symptômes sont beaucoup trop subjectifs pour pouvoir être considérés comme scientifiques.

Et vous l’aurez également compris, le plus grave dans tout cela est que n’importe qui peut être ainsi diagnostiqué et donc se voir prescrire un psychostimulant ou un autre. Le problème fondamental réside dans le fait que la psychiatrie s’imisce dans notre vie de tous les jours et considère nos difficultés comme des maladies qui se soignent à coup de médicaments (si l’envie vous en prend un de ces jours, ouvrez le DSM et c’est tout ce que vous trouverez). Car tous ces « symptômes » ne font que refléter les problèmes de la vie, ces problèmes qui font ce que nous sommes mais qui nous donnent également l’occasion de réfléchir à une résolution, d’en apprendre plus sur nous-même et d’en ressortir grandis. Une société qui prétend résoudre les problèmes de l’existence en prenant une pilule enlève à l’homme causalité et responsabilité. Elle est aussi sur le chemin de la déchéance.

Pour terminer ce long post, voici les effets secondaires d’une de ces drogues prise au hasard, le Vyvanse (désolée, je ne l’ai pas trouvé en français). Moi j’appelle ça le serpent qui se mord la queue. A bon entendeur…

A suivre…

 

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