Pour illustrer le propos de ces drogues et de leurs méfaits, voici une (toute) petite histoire sur l’une des dynasties les plus fascinantes du XXème siècle américain, la dynastie Getty.

Je me suis intéressée à cette histoire après avoir visité  le Getty Center sur les hauteurs de Los Angeles qui, pour moi, est l’un des plus beaux musées du monde, en tous les cas l’un des plus impressionnants. Voyez par vous-même l’ampleur du lieu…

J’avais envie d’écrire sur un sujet plus léger que ceux que j’aborde habituellement sur ce blog. J’avais aussi envie de me changer les idées, j’ai donc passé une journée cette semaine dans cet univers d’art et de beauté !

Comme vous le voyez l’endroit est magnifique.

Cette dynastie a été fondée par George Franklin Getty, tout d’abord avocat à Minneapolis, qui fit fortune dans le pétrole et fut un des concurrents directs des Rockfeller dans la recherche et l’exploitation de l’or noir.  A sa mort en 1929, son fils Jean Paul Getty reprit le flambeau de la George Getty Oil Company, et en quelques années en fit une entreprise extrêmement prospère. Mais c’est après la guerre que les millions commencèrent à affluer par centaines quand il acheta des étendues de terre entre l’Arabie Saoudite et le Koweit. Et c’est ainsi que Getty devint le milliardaire qu’on connaît aujourd’hui, l’homme le plus riche du monde en 1957 selon le magazine Fortune.

Il est également connu pour son amour des arts et pour avoir fondé en 1953 le J. Paul Getty Museum à Malibu en Californie. Il était particulièrement intéressé par les formes d’art grecques et romaines ; sa villa à Malibu est en réalité une fidèle réplique d’une villa romaine proche de Pompéi.

C’est en 1997 que toute sa collection fut transportée à Los Angeles, au Getty Center et la villa Getty fut fermée pour rénovations. Elle rouvrit ses portes en 2006 et on peut y admirer une très belle collection de sculptures grecques et romaines.

The inner peristyle of Gett Villa.Fountain and courtyard of the Getty Villa.

Sa descendance cependant fut particulièrement marquée par les drogues. Son fils et son petit-fils portent le même nom que lui, il s’agit des Getty II et III. Ce dernier  fut enlevé très jeune en Italie et fut amputé d’une oreille. Finalement libéré après le versement d’une énorme rançon, il ne s’en remit pour ainsi dire jamais et se tourna vers les drogues qui détruisirent sa santé et sa personnalité. Il fut rendu pratiquement aveugle et paralysé par une overdose de Valium et d’alcool.

Le Valium, « mother’s little helper » comme l’appellent les Anglo-saxons (ceci en raison de son succès foudroyant auprès des mères de famille dans les années 60)*** est un médicament de la famille des benzodiazépines, c’est un tranquillisant. Les médecins le prescrivent pour ses propriétés hypnotiques ( = assiste le sommeil) et anxyolitiques (= utilisé contre l’anxiété).

Dès 1979, le docteur Conway Hunter, Jr., de l’hôpital Peachford à Atlanta écrit que le sevrage de drogues comme le valium « est plus long et souvent plus difficile que pour […] l’héroïne ».  Il suffit de deux semaines de consommation quotidienne pour créer une accoutumance.

Les conséquences d’un tel sevrage sont : anxiété, dépression, sueurs,  crampes,  nausées et réactions psychotiques… Il existe également ce qu’on appelle un « effet rebond » où l’individu  fait l’expérience de symptômes plus terribles encore que ceux liés à l’accoutumance (en gros, au lieu d’être éliminé par voie biliaire, le valium est à nouveau réabsorbé et repasse dans la circulation générale).

Des dizaines d’études entre 1990 et 2008 démontrent les effets pervers d’une telle drogue et le fait qu’elle est immanquablement liée à des actes anti-sociaux et agressifs.

*** Puisqu’il s’agit d’un blog sur « la petite histoire de… », et pour ceux qui comme moi sont des fans des groupes pops des années 60, Mother’s Little Helper est une chanson des Rolling Stones écrite entre 63 et 65 qui évoque l’abus du Valium par les ‘desperate housewives’ de l’époque en Angleterre et aux Etats-Unis (et encore pour la petite histoire, qui a remarqué que cette chanson a été reprise dans la bande son de la série US du même nom ? ).

Je connais cette chanson par coeur depuis des années (« Mother needs something today to calm her down, and although she’s not really ill, there’s the little yellow pill… The pursuit of happiness just seems a bore and if you take more of those you will get an overdose ») et les Stones ont toujours écrit des chansons sur les éléments de la société qui les entouraient.

Voici un extrait d’une interview de Mick Jagger : « Je m’inspire des choses qui m’entourent, la vie de tous les jours telle que je l’observe. Beaucoup disent que j’écris toujours sur les drogues, la dépression, donc que je suis un drogué. C’est ridicule. Certaines personnes ont une telle étroitesse d’esprit qu’il leur est impossible d’admettre que ce genre de choses n’arrivent pas qu’aux pop stars.« 

 

 

 

Publicités