Mon dernier post ayant eu un franc succès, je vais tâcher de rester dans le domaine des arts. Les artistes sont hélas très touchés par les drogues psychiatriques. Ces dernières, tout comme les autres outils dont use la psychiatrie, ont détruit la vie de beaucoup d’entres eux. Je promets donc une série de posts sur ce sujet.

Mais comme promis également , je veux terminer la série de posts sur les drogues. J’ai traité des psychostimulants, des antidépresseurs et des tranquillisants (en particulier le Valium). Les neuroleptiques sont une autre de ces drogues ayant un effet extrêmement violent sur la personnalité et sur la vie en général. Quand je lis les divers témoignages des victimes des neuroleptiques, je me dis qu’il n’y a rien de plus antagoniste à la vie que ce genre de molécule.

On les nomme également antipsychotiques ou tranquillisants majeurs. Comme leur nom l’indique, ils sont utilisés pour traiter ce que les psys appellent les psychoses. Quand vous aurez le temps, amusez-vous à chercher une définition de psychose qui soit la même pour tout le monde. Vous n’en trouverez pas. Wikipédia définit le mot comme « un terme général qui désigne les affections les plus graves ».

Le Vulgaris médical la définit comme « une maladie mentale ne s’accompagnant pas de lésions cérébrales évidentes mais plutôt d’une modification de la perception des faits quotidiens. » Plus loin on peut lire « la psychose dans son acception psychiatrique équivaut à la notion familière de folie. »

En contradiction avec ce qu’on vient de lire, l’Association Canadienne pour la Santé mentale définit la psychose comme « une maladie grave causée par un dysfonctionnement du cerveau. »

Les définitions restent donc extrêmement vagues.

Les symptômes sont variés et encore une fois très subjectifs : pensées confuses (sommes-nous tous psychotiques ? qui n’a jamais eu de pensées confuses ?), impression que ses pensées s’accélèrent ou se ralentissent (ditto), préoccupations bizarres (bizarres pour qui ?), se sentir différent (…), comportements inhabituels (définition du terme « inhabituel » ?).

Les médicaments prescrits pour traiter les psychoses sont donc les neuroleptiques comme la Thorazine (appelée la lobotomie chimique…) le Largactil, l’Haldol pour n’en nommer que quelques uns.

Je relate un fait divers récent concernant les antipsychotiques à la fin de ce post.

Etes-vous prêt pour les effets secondaires ?

. dyskinésie tardive (dyskinésie = mouvement anormal des muscles) caractérisée par des mouvements involontaires de la bouche, de la langue ou des mâchoires. On l’appelle « tardive » parce que les symptômes sont permanents, oui, vous avez bien lu, permanents. Une fois la personne atteinte, l’arrêt de la drogue n’entraîne pas l’arrêt des symptômes… ;  

. syndrôme neuroleptique malin : réaction toxique chez des patients faisant l’expérience de fièvre et devenant confus, agités et extrêmement rigides ;

. akathisie : le préfixe a- = sans et kathisie = position assise. Donc, inaptitude à rester assis, besoin impérieux de bouger. La personne marche de long en large de façon incontrôlée et incontrôlable. Cet effet est également lié aux comportements violents et agressifs qui sont communément observés chez les consommateurs de ce type de drogues.

Et maintenant pour le fait divers : Kelly Brinson, citoyen américain de 45 ans et résidant dans l’Ohio est mort au mois de janvier suite à quelques coups de Taser infligés par la police dans le service psychiatrique d’un hôpital alors qu’il était sans défense et drogué à l’Haldol.

Les médias rapportent que Brinson s’était volontairement rendu à l’hôpital et que trois jours plus tard, il « devint agité et bouleversé quand le personnel de l’hôpital essaya de lui confisquer son téléphone portable qu’il utilisait pour communiquer avec sa famille. » [très franchement et tout personnellement, je crois que je serais sérieusement agitée et bouleversée si on tentait de me retirer le téléphone portable que j’utilise pour communiquer avec ma famille — cet homme n’était pas en prison que je sache, à moins que…].

C’est là qu’on lui injecta une forte dose d’Haldol, puis étant donné qu’il était encore « agité », cinq agents de police essayèrent de le calmer en utilisant un Taser… S’ensuivit un arrêt cardiaque que trois jours de réanimation n’aidèrent en rien… Cet homme est maintenant décédé, alors qu’il recherchait de l’aide, alors que sa famille le croyait en sécurité, alors que les responsables s’en sortent en toute impunité.

Une autre question me trotte dans la tête :  que diable faisaient cinq agents de police dans un hôpital ?

Voilà donc pour la petite histoire.

A suivre.

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