Wow, le dernier article date d’il y a 15 jours, je m’en suis à peine rendue compte. Quelques commentaires de lecteurs mécontents, impatients. Me revoilou.

New York City est pour moi une ville emblématique, plus encore que Los Angeles. La première fois que j’y ai mis les pieds (j’avais 15 ans…) j’y ai ressenti une sorte de puissance et d’atmosphère de liberté que je n’avais jusque là jamais éprouvées. C’était l’époque des premiers walkman et je me souviens avoir marché des heures durant dans les rues dans une sorte d’état second tant j’en avais plein les yeux et les oreilles.

Même si à cette époque, New York était aussi synonyme d’insécurité et de violence, elle est aujourd’hui l’une des villes les plus sûre des Etats-Unis au niveau de l’indice de criminalité. J’en vois déjà qui ouvrent des yeux ronds comme des soucoupes.

Pour la petite histoire, le maire de New York entre 1994 et 2001, Rudolph Giuliani, à travers une politique de tolérance zéro (sanction au premier délit, même mineur), une réhabilitation des quartiers du nord de Manhattan, notamment Harlem, a nettement fait baisser chômage, criminalité et délinquance. Entre 1990 et 2009, le total des crimes violents perpétrés dans la ville est passé de 174 500 à 46 300. De plus, la prostitution a été totalement éradiquée de Times Square. Je me souviens qu’il n’y faisait pas bon s’y promener en pleine nuit, ce n’est plus du tout le cas.

Tout cela pour dire qu’un article récent du New York Times (subliment intitulé « antipsychotics, side effects may include lawsuits » = « antipsychotiques, les effets secondaires peuvent comporter des poursuites en justice ») dénonce l’efficacité douteuse desdites drogues malgré un marché florissant de plus de 14 milliards de dollars annuels.

Il indique également que 500.000 jeunes et un quart des personnes âgées vivant en maison de retraite prennent quotidiennement un antipsychotique. Pour Mark Olfson, professeur de psychiatrie clinique, « trop d’enfants prennent trop de drogues, bien trop tôt. »

Une étude de l’Université de Columbia a récemment établi que les prescriptions pour les enfants de 2 à 5 ans ont doublé entre 2000 et 2007. Le NYT rapporte également que les risques cardiaques encourus par de telles drogues sont beaucoup plus élevés qu’on ne l’imaginait et ce, quel que soit l’âge.

L’article se concentre ensuite sur les décisions judiciaires à l’encontre des laboratoires pharmaceutiques Bristol-Myers Squibb, Eli Lilly, Pfizer, AstraZeneca et Johnson & Johnson. Par exemple les labos Eli Lilly et Pfizer avaient tous les deux été accusés et condamnés par le gouvernement de marketing illégal pour les drogues Zyprexa (Eli Lilly) et Bextra (Pfizer).

Dans les faits, Eli Lilly et Pfizer avaient déclaré que les drogues étaient absolument sans danger et qu’elles avaient été approuvées par la toute-puissante Food and Drug Administration. Les affaires ont cependant dévoilé  des centaines de documents jusqu’alors confidentiels révélant que les responsables de ces campagnes marketing utilisaient en toute connaissance de cause des « techniques marketing » plus que douteuses.

Parmi celles-ci : études falsifiées, articles de journaux médicaux écrits par des médecins soi-disant indépendants mais en réalité grassement payés par les labos afin de donner un point de vue positif sur ladite drogue. Suivent cadeaux, paiements et autres gâteries. Tout aspect négatif de la drogue établi par une étude étant soigneusement omis.

Un exemple particulier est celui du docteur Stefan P. Kruszewski, psychiatre formé à l’Université de Harvard, qui dans le passé a travaillé en tant qu’intervenant pour Pfizer et GlaxoSmithKline. Cet ancien partisan des antipsychotiques est maintenant chargé par le gouvernement d’agir en tant que consultant dans ce type de procès.  Les labos lui offraient 1000 dollars ou plus à chaque fois qu’il parlait à un médecin de l’une de ces drogues. L’article donne d’autres exemples similaires.

Edifiant,  non ?

Toujours est-il qu’il s’agit là des pratiques normales des labos pharmaceutiques.

Même si les choses commencent à changer et que le vent tourne, il est quand même inquiétant que ces labos ne s’en sortent qu’avec des amendes, énormes  certes, mais la condamnation ne va pas au-delà d’une amende. Pfizer par exemple a accepté un accord à 300 millions de dollars sans à aucun moment admettre avoir mal agi. 

Pour ces labos, ces quelques centaines de millions ne sont qu’une goutte d’eau dans le vaste océan des milliards de dollars générés chaque année. Quelle bonne raison ont-ils de cesser leurs pratiques ?

Même si les dommages physiques, morals et mentaux sont immenses, tant que les coupables ne seront pas nommés et personnellement tenus responsables de leurs crimes, rien ne changera. 

La solution est de continuer à rapporter ces pures violations de la loi pour les crimes qu’elles sont effectivement et d’insister pour qu’ils soient punis comme ils le méritent.

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