Un projet de loi fait parler de lui ici en Californie mais il n’est pas de bon augure.

Dans les états américains, on donne aux projets de loi le nom de « proposition » et on les numérote.

La proposition 19, ou loi sur la régulation, le contrôle et la taxation du cannabis, si elle était votée le 2 novembre prochain, autoriserait la culture, le transport et la vente de marijuana. En gros elle légaliserait une drogue dite « douce » mais aux effets plus que ravageurs.  Il est à noter que l’usage médical de la marijuana est légal en Californie depuis 1996.

Pour la petite histoire, le terme « marjuana » est le nom mexicain du chanvre et signifie une cigarette de mauvaise qualité. Le terme Cannabis est le mot latin pour ce même chanvre.

La proposition 19 a vu le jour pour l’une des raisons suivantes :  le gouvernement de Californie considère que la répression coûte bien trop cher. Trop de policiers assignés, trop de détenus dans les prisons. La solution est donc de légaliser la marijuana et le problème n’existera plus.  Elle sera de plus taxée comme le tabac et l’alcool et rapportera environ 1 milliard de dollars par an à l’état. Pas mal,non ?

Cela n’a rien à voir mais pour la petite histoire,  les agents de stationnements ici en Californie touchent des commissions sur les PVs qu’ils dressent. J’en ai fait l’infortune expérience lors de mes premiers jours à Los Angeles : je m’étais correctement garée dans un endroit autorisé et j’avais dûment payé la somme nécessaire au compteur. Quel ne fut pas mon étonnement de voir moins de 30 minutes plus tard une jolie enveloppe blanche flotter allègrement sur le pare-brise de ma voiture.

La raison ? Je m’étais garée à plus de 20 cm de la ligne blanche latérale qui délimite l’espace de stationnement entre deux voitures… 55 dollars… Je l’avais mauvaise. Il n’est donc pas rare du tout de voir les « parking enforcement officers » sillonner les rues et s’arrêter dès que la petite lumière rouge s’allume.

Voyons maintenant les fameux effets de cette drogue. Le cannabis (marijuana, appelez-la comme vous voulez) est un hallucinogène, c’est-à-dire une substance déformant la perception que l’on a de soi-même et de l’environnement.

Beaucoup sont ceux qui comparent alcool et cannabis pour montrer que ce dernier n’est pas plus dangereux qu’un verre de vin.  Je ne pousse pas particulièrement à la consommation d’alcool mais voici les faits : le cannabis contient plus de 400 agents chimiques différents, toxiques et cancérigènes. Ce n’est pas le cas de l’alcool.

L’alcool est éliminé du corps en quelques heures. Le cannabis, lui, reste dans les tissus jusqu’à plusieurs mois et ne s’élimine pas facilement. Dans les faits, son agent actif, le THC, a un effet cumulatif.

Il faut également savoir qu’après l’alcool, le cannabis est la substance la plus fréquemment trouvée dans le corps des conducteurs impliqués dans des accidents de la circulation mortels.

Des études montrent que les effets du cannabis sont destructeurs pour la majorité des organes du corps :  bronchite ou au minimum de toux chronique affectent fréquemment les consommateurs. Le foie, le coeur sont également touchés. J’ai d’ailleurs récemment appris que la fumée de cannabis contient 50 à 70% de substances cancérigènes de plus que les cigarettes.

Parmi les effets à long terme, on trouve un affaiblissement du système immunitaire, une destruction des fibres pulmonaires ainsi que des lésions cérébrales parfois irréversibles. Le fumeurs de marijuana ont souvent tendance à avoir des problèmes de concentration, de mémoire et manifestent souvent de l’apathie, un manque d’enthousiasme généralisé et des changements de personnalité.

Il est impossible de vivre dans notre société et de ne pas être exposé d’une manière ou d’une autre à ce type de drogue.

On me dira complaisamment que la dépénalisation ne poussera pas à la consommation ou à plus de consommation. Je ne pense pas que là réside le problème. Ni dépénalisation ni pénalisation ne responsabilisent les consommateurs ou futurs consommateurs.

Ces derniers ne sont pas informés de l’effet réel du cannabis. Trop de données incorrectes circulent (il suffit de voir la quantité de sites internet vantant le cannabis) et la plupart des gens à qui on pose la question diront qu’un « petit joint de temps en temps ne fait pas de mal. » Peut-être ceux qui liront cet article diront que j’exagère. Ce n’est là qu’un des effets pervers de la propagande à laquelle nous avons droit depuis des décennies, et qui finit par s’insinuer dans nos pensées et dans nos comportements.

Le problème réside donc dans le manque d’information, dans l’océan de fausses informations qui nous entoure et dans les moyens que tout un chacun se donne pour informer, que ce soit au niveau de la famille, de l’école, ou encore à bien plus grande échelle. 

L’autre question est bien entendu de savoir à qui profite de laisser la situation en l’état et de créer un monde dans lequel il est permis d’inonder les populations de substances plus que toxiques en leur faisant croire qu’elles sont inoffensives.

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