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S’il est des sujets sur lesquels je n’aime pas écrire, c’est ceux de la guerre, du terrorisme, de la mort. Mais il est difficile  de les ignorer particulièrement après avoir passé, pour la première fois depuis 2001, un 11 septembre aux Etats-Unis. L’émotion est partout palpable. Sujets difficiles mais nécessaires, j’en ai bien peur.

Certains diront qu’il vaut mieux entendre ça que d’être sourd… Moi, je pense que ni l’un ni l’autre ne sont préférables et qu’il vaut mieux faire tout ce qui possible pour ne plus jamais entendre ce genre de propos. Mais bon, les choses étant ce qu’elles sont, faisons face au monde dans lequel nous vivons et regardons ce que les psychiatres ont à dire.

Cette vidéo de quelques minutes est extraite d’une émission présentée le 25 avril 2002 sur Iqra TV (Arabie Saoudite). Il s’agit d’une interview du professeur Adel Sadeq de l’Association Psychiatrique Américaine et directeur du département de psychiatrie à l’Université Ein Shams du Caire. Regardez bien sa physionomie, ses expressions.

En voici la traduction :

Journaliste : Commençons par parler du caractère psychologique du martyr. Qui est le martyr ? Qui est cette jeune femme qui va se marier dans deux ou trois mois, qui est belle, qui a 17 ans, qui attache autour de son corps une ceinture d’explosifs et qui se transforme en bombe humaine ? Quel est le caractère psychologique du martyr ?
Pr. Adel Sadeq : Le caractère psychologique du martyr est celui d’une personne qui aime la vie.
Q : Pour l’amour de Dieu, que voulez-vous dire ? Il recherche la mort !
R : C’est ce qui peut justement sembler étrange pour ceux qui considèrent l’âme humaine comme ce qu’il y a de plus important. Ils sont incapables de comprendre cela parce que les concepts d’auto-sacrifice et d’honneur sont étrangers à leur structure culturelle. Ces concepts n’existent pas dans certaines cultures. Ainsi quand ils font face à un [kamikaze] ils sont dans un état de déni, de déni complet. Ils pensent que c’est impossible et donc commencent à présenter des interprétations stupides et idiotes dont la seule origine est l’ignorance.
Q : Donc un martyr c’est quelqu’un qui aime la vie ?
A : Absolument. Quand il devient martyr, il atteint le summum du bonheur, l’extase suprême. Il est possible que vous et moi ne fassions jamais l’expérience d’une telle extase. Nous ressentons du bonheur quand nous prions Allah ou par exemple quand nous gagnons une grosse somme d’argent, ou encore lors d’une grande réussite. Vous ressentez joie et bonheur comme si vous étiez en train de voler dans les airs.
L’extase maximale, le bonheur maximal – et je parle là en tant que professionnel, en tant que psychiatre – se produit au moment où… il dit 10, 9, 8, 7, 6,  5, 4, 3, 2, il appuie sur le bouton et il se fait exploser. Le plus beau des moments, celui qu’il attend avec impatience se produit quand il dit « un – hop » [geste d’appuyer sur un bouton].
 Il se fait exploser et il se sent voler dans les airs parce qu’il sait avec certitude qu’il ne meurt pas, et c’est là la différence entre nous et eux.
[Les Occidentaux] pensent qu’il se transforme en un cadavre qui brûle et qui s’élève dans les airs. C’est le type de culture qu’ils ont. Mais en réalité, il s’agit d’un acte de transition vers un autre monde, vers un monde magnifique et il sait très bien qu’en quelques secondes, il verra la lumière de son créateur. Il sera aussi proche que possible du créateur.
A un niveau stratégique, il doit exister un plan pan-Arabe pour atteindre notre objectif. Notre but commun est de libérer la Palestine des agresseurs israéliens. Utiliser des mots que les gens n’apprécient plus : « nous allons jeter Israël à la mer. » Cette phrase d’ailleurs est tout ce qu’il y a de plus vrai. De deux choses l’une, ou ils nous jetteront à la mer, ou nous les jetterons à la mer. Il n’y a aucun compromis possible. La coexistence n’est que [stupidité]. C’est eux ou c’est nous.
 

Dans les deux ans qui ont suivi cette interview, les attentats suicide ont plus que doublé et sont passés de 201 dans les 24 mois précédents à 499.

Pour la petite histoire, le terme « assassin » provient de l’arabe haschashin. Si vous avez lu Samarcande d’Amin Maalouf, il s’agit d’un groupuscule d’assassins dont la fonction était d’éliminer publiquement ses opposants. La légende nous dit que Hassan ibn al-Sabbah utilisait le haschisch pour manipuler ceux qu’il envoyait tuer. Il leur disait que s’ils mourraient pour lui, ils auraient accès au paradis dont la drogue leur avait donné l’avant-goût.  

Quelques jours après les attentats du World Trade Center, Jerrold M. Post, psychiatre, escroc expert en psychologie politique, ancien analyste de la CIA et enseignant à l’Université George Washington nous apprend également que les terroristes ne sont pas des psychopathes, mais « utilisent une stratégie politique dans le but d’obtenir un changement politique » (sic). (Voir The Times of India du 15 septembre 2001).

En 1993 et avec une arrogance hors du commun, Ernest Hunter, psychiatre australien, écrit dans Dimensions of Medical and Psychiatric Responsibility in the Third Reich : « Les psychiatres doivent être considérés […] comme étant à même d’alimenter et d’assainir les fondations idéologiques et intellectuelles en ce qui concerne la théorie raciale et de l’assassinat médical. »

En 1942, au coeur de la guerre, Winston Churchill prononçait les mots suivants : « Je suis certain qu’une mesure visant à empêcher autant que possible le travail de ces messieurs [psychologues et psychiatres] serait une mesure judicieuse. Ils sont capables de causer de très gros dégâts avec ce qui peut très facilement dégénerer en charlatanisme. Il est nécessaire d’exercer le contrôle le plus strict sur eux et on ne devrait pas les laisser s’immiscer en grand nombre dans les Forces de combat, avec l’argent du contribuable. »

A l’heure ou des millions d’Américains se souviennent du 11 septembre 2001, à l’heure où les pourparlers entre Israéliens et Palestiniens reprennent, j’ai trouvé qu’il était intéressant d’avoir le point de vue de ceux qu’on considère comme des charlatans  experts dans le domaine de la santé mentale. Ceux pour qui, de toute évidence, la vie ne vaut pour ainsi dire pas grand-chose.

 

 

 

 

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Vaccinez-vous qu’y disaient…

C’est avec ce clin d’oeil humoristique que je commence cet article. Je lisais plusieurs blogs aujourd’hui et j’étais ravie de tomber sur des articles d’une légèreté à toute épreuve, mais comme je disais à l’un de ces blogueurs, il faut bien que quelqu’un se décarcasse…

Je préfère garder humour et légèreté de ton même si les sujets abordés sont loin d’être disons… sexy. Un lecteur me demandait l’autre jour pour quelle raison j’employais souvent ce terme, sexy. Je vous l’accorde, c’est un anglicisme. Au cas où vous ne l’auriez pas compris,  je suis loin de parler des attraits sexuels de mon blog !

Et l’anglais a deux définitions pour le terme, la première que vous connaissez tous et la deuxième qui signifie « attirant de manière générale ou intéressant. » Ce n’est pas non plus que les sujets abordés sont inintéressants, c’est juste qu’on ne se bouscule pas au portillon pour en parler et qu’on ne saute pas dessus en disant « chic chic une discussion sur les électrochocs ! »

Bref, aujourd’hui, j’aborde les vaccins. Sujet qui a fait la une de nombreux médias pendant pas mal de temps cette année mais dont on ne parle pas beaucoup en général malgré la quantité d’information qui existe et surtout malgré les effets secondaires désastreux que ceux-ci causent.

Pour ceux qui me considèrent déjà comme la dernière des rabat-joie en cette fin d’été, arrêtez immédiatement votre lecture et passez à autre chose.

Pour les autres, voilà : le but du vaccin est de faire en sorte qu’un organisme vivant soit immunisé contre une maladie. Qu’en termes simples ces choses-là sont dites… Ce n’est pas plus compliqué que cela. Dans les faits, on vous injecte un agent pathogène destiné à créer une réaction immunitaire contre la maladie. Le corps va ainsi créer les défenses nécessaires et sera en théorie protégé contre une attaque de cet agent dans le futur. Il est également dit que ces défenses diminuent avec le temps et qu’il faut donc un nouveau vaccin quelques années plus tard.

Pour la petite histoire, le mot vaccin vient du latin vacca qui signifie vache. Les premières vaccinations ont été réalisées par un médecin anglais Edward Jenner en 1796. Il préleva du pus sur la main d’une fermière infectée par la « vaccine » ou variole des vaches puis l’inocula à un enfant. Trois mois plus tard,  il inocula la variole elle-même à l’enfant qui se révéla immunisé.

Dans la plupart des pays d’Europe les vaccins ne sont pas obligatoires. Ils le sont cependant en Italie, au Portugal et en France. Dans notre pays,  la vaccination contre la  tuberculose n’est plus obligatoire depuis 2007.  Cependant, que la disparition (toute relative) de cette maladie soit due au vaccin est sujet à discussion (de nombreux travaux sembleraient indiquer que la maladie a commencé à reculer bien avant l’introduction du vaccin et que la cause en serait le changement dans les facteurs environnementaux et l’amélioration des conditions de vie, d’hygiène et d’alimentation).

La vaccination contre la diphtérie, tétanos et polio (DTP) et rubéole, oreillons et rougeole (ROR) reste cependant obligatoire pour tous les enfants et il n’est par exemple pas possible d’inscrire votre enfant à l’école s’il n’a pas son certificat de vaccination…

Le problème donc avec les vaccins est que l’on inocule un agent pathogène dans l’espoir que le corps fabrique des anti-corps et soit donc immunisé. Le procédé a ses détracteurs.

L’autre problème et c’est un autre vaste sujet de discussion est que l’expérimentation de ces mêmes vaccins a lieu sur des animaux, en particulier des singes. De plus, les vaccins cultivés sur des cellules animales peuvent contenir des contaminants non décelés par les fabricants. Aucun laboratoire pharmaceutique n’est capable de garantir l’absence de germes microbiens dans les cellules animales servant à la culture vaccinale.

Dans la revue américaine Science (1972) le Dr Leonard Hayflick, professeur de microbiologie à l’Université de Stanford en Californie, déclarait:  » Il y a au moins plusieurs centaines de milliers de personnes aux Etats-Unis qui ont été inoculées avec les virus vivants SV-40 qu’on a trouvés dans des vaccins antipolio produits sur des cellules de reins de singes. Ce virus SV-40 provoque des tumeurs chez les hamsters et convertit in vitro les cellules humaines normales en cellules cancéreuses. »

Le 11 mai 1987 le London Times rapportait qu’un  représentant de l’OMS affirmait avoir des preuves démontrant que l’origine et la prolifération du virus du SIDA provenait du vaccin antivariolique administré pendant treize ans dans les pays du tiers-monde par l’OMS. Pour Jeremy Rifking du groupe environnemental The Fundation on Economic Trends: «  Il est possible que certaines contaminations de virus animaux dans les vaccins, comme celui de la variole, aient joué un rôle dans l’émergence du sida et d’autres maladies. »

G. Dettman dans l’Australian Nurses Journal (1977) rapporte que « certaines souches de vaccins peuvent être impliquées dans des maladies dégénératives telles que l’arthrite rhumatoïde, la leucémie, le diabète et la sclérose en plaques« 

Selon un article dans le British Medical Journal de 1967 : « Plusieurs auteurs allemands ont décrit la relation entre la sclérose en plaques et les vaccinations contre la variole, la typhoïde, le tétanos, la poliomyélite et la tuberculose« . R. Maskowitz, médecin et diplômé de Harvard, est convaincu que les vaccins peuvent, à long terme, mener à une déficience du sytème immunitaire et causer: « des maladies considérablement plus graves que la maladie originale, impliquant des structures plus profondes, plus d’organes vitaux et ayant moins la possibilité de se résorber spontanément.« 

Sommes-nous tellement imprégnés par la culture pharmaceutique qu’il nous est impossible de penser ou de travailler sur des moyens pour l’homme de renforcer ses défenses immunitaires par les moyens d’hygiène, de nutrition et de prévention, ce qui le rendrait ainsi immune à ce type de maladie ?

A qui profite la recherche vaccinale ? L’alerte pandémique déclarée par l’OMS il y a un an concernant le virus de la grippe A a poussé le Ministère de la Santé à passer commande de près de 100 millions de doses de vaccin. Quel a été le profit réalisé par les laboratoires pharmaceutiques ayant « remporté le marché » (qu’on m’excuse d’utiliser des termes marketings, mais franchement il ne s’agit pas d’autre chose), à savoir GlaxoSmithKline, Sanofi-Aventis et Novartis ?

Le Haut Conseil de la Santé Publique indiquait le 26 juin 2009 que « le degré d’efficacité clinique de la vaccination pandémique est incertain, la protection contre le virus pandémique pourrait être incomplète. » Ces vaccins contenant des adjuvants nouveaux n’ont pas été évalués avant leur mise en vente sur le marché. Mais le Ministère de la Santé a préféré faire la sourde oreille.

Les mauvaises nouvelles ne se sont pas fait attendre. Il y a un moins d’un mois, l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé a rapporté que 22 cas de narcolepsie cataplaxie, une maladie neurologique très rare, avaient été répertoriés en Europe dont 6 en France. 21 de ces personnes avaient reçu une injection du vaccin Pandemrix (GSK) et la dernière, une injection de Panenza (Sanofi)

Souvenons-nous de cette merveilleuse tirade de Molière dans le Malade imaginaire : « Presque tous les hommes meurent de leurs remèdes et non pas de leur maladies. »

 

Pour une raison que j’indiquais il y a quelques jours, j’ai changé le nom du blog. Bien que le lien soit toujours le même, j’ai modifié le titre du blog afin de commenter sur des sujets autres que la psychiatrie mais tout aussi dérangeants, pour utiliser un doux euphémisme.

La question de l’environnement me fascine également et je suis toujours à l’affût de sujets intéressants qui aiguisent la pensée et ouvrent la porte à la réflexion.

De plus, je suis persuadée que l’incroyable augmentation de cancers est en grande partie attribuable à des produits toxiques présents dans l’environnement, dans ce que nous mangeons, ce que nous buvons et ce que nous respirons.  Cette affirmation n’engage que moi, je n’ai franchement pas étudié le sujet ni fait de sérieuses recherches en ce qui le concerne mais je pense que cette question est digne de réflexion.

Car comment expliquer l’augmentation exponentielle de cette maladie (qui n’a pas dans sa famille, dans ses amis, quelqu’un atteint de cancer ou qui en est mort ?), autrement que dans les modifications des facteurs de traitement et de conservation des produits de grande consommation ?

J’inclue dans cette catégorie les aliments, les boissons bien entendu mais également les produits d’entretien de la maison, les produits dits de beauté, etc. Il suffit de lire les ingrédients de tels produits. Ils sont pour la plupart imprononçables, incompréhensibles et très loin d’être naturels.

Je suis donc tombée récemment sur le sujet du MTBE, cet éther qui dès 1979 a été ajouté à l’essence afin d’accroître son contenu en oxygène et donc réduire le monoxyde de carbone dans l’atmosphère.

Il s’agit donc, comme son nom ne l’indique pas, d’un biocarburant. On appelle biocarburant tout carburant produit à partir de matière organique non fossile (c’est-à-dire non issue de la roche – le pétrole est une matière fossile).

On a tendance à penser que les biocarburants sont plutôt quelque chose de positif étant donné qu’ils sont utilisés pour atténuer l’impact négatif du monoxyde de carbone sur l’environnement.

Or, pour ce qui est du MTBE, il n’existe pas à l’état naturel. Il est incolore et volatile et se retrouve sous forme de gaz dans l’atmosphère. Il est également extrêmement soluble dans l’eau.

Pour la petite histoire, savez-vous qu’à la naissance de l’automobile, les voitures n’utilisaient pas d’essence (le pétrole n’était effectivement pas utilisé, ou peu). Rudolf Diesel faisait tourner ses machines à l’huile d’arachide et la Ford modèle T consommait de l’alcool. Les biocarburants ne sont donc pas nés de la dernière pluie.

Revenons au MTBE. Sa production et son utilisation ont été fortement réduites aux USA et en Europe mais on ne peut ignorer la nocivité de ses effets sur l’homme.  Des expériences menées sur des rats ont démontré que ce composé était cancérigène.

Comme je le disais plus haut ce produit est très volatile, il « voyage » donc facilement et se dissout tout aussi facilement dans les réserves d’eau qu’elles soient souterraines ou en surface.

Dans les faits, quelques centaines de grammes de MTBE peuvent contaminer près de 50 millions de litres d’eau potable. Il se trouve qu’il est nocif même s’il l’eau n’est pas ingérée car il peut être inhalé sous forme d’émanation présente dans l’air et absorbé par la peau lors de bains ou de douches.

Il affaiblit également le système immunitaire et cause maux de tête, sensations de brûlure dans la gorge ou le nez, vertiges, nausées et problèmes respiratoires pour n’en nommer que quelques uns.

La question est la suivante : comment est-il possible que de tels produits voient le jour et soient largement commercialisés sans recherche préalable permettant de déterminer les effets sur le corps humain ?

Comment est-il possible que nous soyions à la merci – et sans que nous puissions y faire quoi que ce soit – d’entreprises productrices de ces composés et qui n’ont, de toute évidence, pour seul intérêt que le profit ?

Le sujet n’est finalement pas si éloigné que cela de ceux de la psychiatrie et des laboratoires pharmaceutiques. Les mêmes questions peuvent être posées en ce qui les concerne. Quant aux réponses, je vous laisse y réfléchir et serais heureuse de lire vos commentaires.

 

 

 

 

 

C’est par le plus grand des hasards que je me trouve depuis quelques jours à une quarantaine de minutes d’Oak Park, petite ville proche de Chicago, où est né et a grandi Ernest Hemingway.

J’ai rentré le nom de la ville dans mon devenutotalementtindispensable GPS et me suis retrouvée moins d’une heure plus tard dans la ville qui a vu naître le prix Nobel de Littérature 1954.

Pour la petite histoire Oak Park a également abrité le créateur de Tarzan, Edgar Rice Burroughs ainsi que l’architecte Frank Lloyd Wright qui y a dessiné de nombreux bâtiments.

Hemingway est un écrivain d’avant-garde qui a voyagé en Europe en tant qu’ambulancier et journaliste pendant la première guerre mondiale. En 1922, il s’installe au 74 rue du Cardinal Lemoine à Paris avec sa première femme. Il rencontre entre autres Scott Fitzgerald, Gertrude Stein et les autres écrivains de la Génération Perdue, ces auteurs américains, hommes et femmes, détruits par la guerre, cyniques et désabusés.

Il écrit, parcourt l’Europe et rencontre Malraux en Espagne pendant la guerre civile. Il est en Europe pendant la seconde guerre mondiale. Ses nombreux livres sont des témoignages saisissants de ce qu’il vit entre 1917 et 1950. Son expérience personnelle de la guerre (il y est blessé) ainsi que les souffrances d’autrui auxquelles il fait continuellement face influencent radicalement sa vie et son écriture : il supprime tous les mots inutiles, simplifie la structure de ses phrases et se concentre sur les actions et les objets plutôt que sur les idées et sur l’abstraction du langage écrit.

Très rapidement, l’écriture n’est hélas plus un exutoire suffisant. Il s’enlise dans l’alcool et sombre dans la dépression. Il est admis dans la tristement célèbre Clinique Mayo et reçoit vingt électrochocs. Il se suicide deux jours  plus tard après avoir écrit : « ces docteurs de « choc » ne connaissent rien aux écrivains… Chaque psychiatre devrait être requis de prendre un cours d’écriture créative afin de savoir ce qu’est un écrivain… Dans quel but ont-ils détruit mon esprit et effacé ma mémoire, qui est mon capital, je ne peux plus travailler. Le traitement était brillant, mais on a perdu le patient. »

J’ai déjà parlé des électrochocs ici. Un peu plus de précisions à ce sujet :

Le traitement par électrochoc, ou sismothérapie, consiste en des décharges électriques de 100 à 200 volts à travers le cerveau, d’une tempe à l’autre (électrochoc bilatéral), ou du front à l’arrière et sur le côté du crâne (électrochoc unilatéral).

Et pour la description de ses effets, là encore il faut s’accrocher :  

1. Lorsque le courant de haut voltage frappe le cerveau, il submerge les mécanismes protecteurs normaux du système nerveux central. Le mécanisme « amortisseur » qui évite que les nerfs ne se stimulent trop l’un l’autre est le premier à disjoncter. Un énorme orage électrique cérébral se déclenche à travers le cerveau et dure plusieurs minutes. Ceci épuise complètement les réserves d’oxygène et d’éléments nutritifs du cerveau et est suivi d’un profond état comateux. Toutes les fonctions normales du cerveau sont détruites.

2. D’importants changements du métabolisme et de l’afflux de sang au cerveau sont nécessaires pour faire face à la crise. Bien que le cerveau ne représente que 2 % du poids du corps, il utilise normalement 20 % de sa provision d’oxygène à cause de son taux élevé de métabolisme. L’attaque provoquée par le choc électrique accroît le métabolisme du cerveau d’environ 400 %, augmentant ainsi ses besoins en oxygène et en substances nutritives dans les mêmes proportions.

3. Afin de répondre à la demande d’oxygène et d’éléments nutritifs nécessaires pour conserver le cerveau en vie durant la convulsion, l’afflux de sang au cerveau doit être augmenté aussi d’au moins 400 %. De ce fait, la pression sanguine cérébrale s’élève de 200 % avec des résultats catastrophiques.

4. Cette tension artérielle cérébrale extrêmement et la défaillance de la régulation de ce flux pendant l’attaque, provoquent l’éclatement de petits, et parfois même de gros, vaisseaux sanguins. De nombreux décès, pendant ou juste après l’électrochoc, sont dûs à ce facteur d’hémorragies cérébrales.

5. Le choc électrique endommage la protection sanguine du cerveau. Cette protection est en fait un mécanisme défensif qui protège l’intégrité chimique du cerveau des matières et des fluides étrangers qui pourraient s’infiltrer et ainsi modifier ou endommager la structure délicate et la fonction du cerveau. La perte de cette barrière protectrice expose les tissus à des composants du sang desquels ils sont normalement protégés. Ceci inclut des drogues de toutes sortes, des protéines, des toxines et autres petites molécules qui ne traverseraient pas normalement cette protection sanguine du cerveau.

6. La combinaison de l ‘élévation de la tension artérielle dans le cerveau, des hémorragies et de la rupture de la barrière de protection sanguine provoquent un gonflement du cerveau. La haute pression chasse les protéines et autres substances hors des vaisseaux, désormais poreux, vers le cerveau, et les fluides suivent à leur tour. Les tissus commencent à enfler, pressant le cerveau contre la boîte crânienne. Ce processus, une fois amorcé, s’amplifie : comme la pression augmente et comprime le cerveau contre le crâne, les capillaires se ferment et leur enveloppe est endommagée par le manque d’oxygène, les rendant ainsi encore plus poreux. Ceci conduit à un gonflement et à des dégâts plus importants.

7. Le gonflement restreint l’apport de sang à certains neurones, le réduisant au-dessous du niveau élémentaire indispensable. Les cellules nerveuses et autres tissus, privés d’oxygène et d’éléments nutritifs, sont détruits et meurent.

8. Quand bien même cet oxygène est fourni, les neurones meurent lorsqu’ils ont épuisé les sources d’énergie dont ils ont besoin pour fonctionner. Comme le cerveau tarit sa source d’éléments nutritifs, il est irréversiblement endommagé. Si bien que, même quand de l’oxygène est fourni, la raréfaction de ces substances nutritives nécessaires endommage le cerveau et provoque l’état comateux qui suit toujours l’attaque.

9. L’électrochoc entraîne donc la modification de la composition chimique du cerveau. La synthèse de l’ADN et des protéines est inhibée. Un dérèglement des neuro-transmetteurs et d’autres enzymes associées apparaît. La fonction de « centrale de distribution » de la structure chimique du cerveau est ainsi détériorée. Il en résulte une perte de mémoire et de l’orientation spacio-temporeIle.

10. A la suite d’électrochocs, il y a une élévation notable de la quantité d’acide arachidonique dans le cerveau (acide gras présent dans les cellules vivantes). De grandes quantités de cette substance causent de petites attaques partout dans le cerveau. Comme avec la rupture des vaisseaux sanguins, ces dégâts cérébraux surviennent au hasard et ne sont pas limités à la zone assaillie par le choc électrique. Ils peuvent conduire à la mort.

Ces données médicales ont été tirées des études suivantes : – Dr Peter Sterling, Professeur de Neurobiologie de la Faculté de médecine de Pennsylvanie : « Les dommages causés au cerveau et les pertes de mémoires dues aux électrochocs » – du Dr John Friedberg, neurologue: « Les traitements de choc sont mauvais pour votre cerveau » (Publications Glide, San Francisco) – Léonard Roy Franck : « L’histoire du traitement de choc » (Ed. NAPA, San Francisco) – Dr Thomas SZASZ, psychiatre et auteur: « La folie, idées et conséquences »

Un peu long, mais j’ai essayé d’être aussi simple et factuelle que possible. Il nous faut connaître ces pratiques et faire tout ce qui est en notre pouvoir pour les éliminer. Elles ne font que reléguer l’homme au rang d’animal, le détruire et annihiler sa conscience. Hemingway en est un célèbre exemple.

Tout aussi tristement, sa petite-fille Margaux est morte à l’âge de 41 ans suite à l’ingestion d’une dose mortelle de phénobarbital et quelques mois après avoir été internée en psychiatrie.

 

 

 

La route de Los Angeles à San Francisco est l’une des plus belles au monde. Elle marie sur la gauche des vues oniriques sur l’océan Pacifique et sur la droite les fameuses collines californiennes, celles qui me faisaient rêver quand j’étais petite. Pour une raison que j’ignore, je ne cessais de penser aux cow boys des westerns de mon enfance et je les imaginais caracolant et galopant sur ces mêmes collines…

Il est très difficile de garder les yeux sur la route tant le paysage est à couper le souffle. On y passe par Malibu, Santa Barbara, San Luis Obispo, et les petites villes de Sur, Carmel et Monterey avant d’arriver à Santa Cruz puis enfin San Francisco.

Il existe un autre route à l’intérieur des terres, et là c’est le désert, la route est toute droite pendant des kilomètres. Plaines désertiques et aqueducs, vergers et éoliennes  alternent. Il n’est pas rare de dépasser des camions chargés de fruits ou de légumes. Elle est plus rapide et il faut environ 7 heures pour  relier Los Angeles à San Francisco.

L’arrivée sur San Francisco est toujours impressionnante. Cette ville pourrait je pense être qualifiée de ville européenne en Amérique. Elle n’a rien à voir avec LA à commencer par la température. 35° à LA, 17 à San Francisco… l’hiver en été et un vent glacial.

Particulièrement cosmopolite, elle me fait penser à New York d’abord parce qu’il est juste impossible de s’y garer (ou alors en payant des sommes astronomiques…) et parce qu’elle bouillonne d’activité. Mais n’oublions pas que nous sommes sur le Pacifique et que tout ici est beaucoup plus décontracté. Là encore pas moyen d’éviter de penser à cette série des années 70 dont je suis certaine que vous vous souvenez tous : Les Rues de San Francisco avec Karl Malden et le jeune Michael Douglas. J’étais fascinée par les poursuites de voiture dans les rues en pente ! Je vous avoue que je me suis laissée prendre à la griserie de la vitesse sur ces routes uniques au monde…

Et encore celle-là n’est pas très inclinée comparée à d’autres…

Pour la petite histoire, en 1776 les conquérants espagnols établissent un fort pour protéger les missions et les colonies (appelé en espagnol un presidio — on peut toujours le voir aujourd’hui) et l’une des missions est dédiée au patron des missionnaires : saint François d’Assise, d’où le nom de San Francisco.

C’est une ville qui s’est développée au moment de la ruée vers l’or attirant des aventuriers du monde entier. Encore pour la petite histoire, Oscar Levi Strauss s’installe à San Francisco en 1847, y crée les premiers jeans qui ont un succès immédiat auprès des chercheurs d’or.

San Francisco est marquée par une tradition de tolérance. Des dizaines d’églises et de communautés religieuses y sont installées et y vivent en parfaite entente.

C’est à San Francisco que le mouvement des Black Panthers a vu le jour, que la contreculture hippie est née et que l’activisme homosexuel  a remporté les plus grandes victoires.

Harvey Milk est une des icônes de ce mouvement. Il n’est pas très connu en France et pour ceux qui n’ont pas vu l’excellent documentaire de Rob Epstein (réalisé en 1984 et Oscar du Meilleur documentaire en 1985) ou le film éponyme de Gus Van Sant sorti en 2008 et interprété par Sean Penn (et qui selon des San Franciscains ayant vécu ces épisodes, est très fidèle aux faits — et qui a remporté les Oscars du meilleur acteur et du meilleur scénario), Harvey Milk est un homme politique et conseiller municipal de San Francisco dans les années 70.

Milk se passionne pour l’art et et plus particulièrement pour l’opéra. Avant son engagement politique, il vit à New York à la fin des années 60. Il produit plusieurs pièces de théâtre à Broadway ou off-Broadway, dont Hair et Jesus Christ Super Star. Un de ses amants,  Joe Campbell est d’ailleurs immortalisé par Lou Reed sous le nom de Sugar Plum Fairy dans « Walk on the wild side. »

(quand je vous disais que j’étais une fan totale des groups de rock des années 60 !)

C’est au début des années 70 que Milk se rend à San Francisco lors de la tournée de Hair et qu’il tombe amoureux de cette ville. Il décide d’y déménager en 1972 et de faire son coming out en tant qu’homosexuel. Il s’installe sur Castro Street, coeur de la communauté gay de San Francisco et y ouvre un magasin d’appareils photo.

Il s’engage immédiatement dans la cause homosexuelle et finit par remporter un siège de conseiller municipal en 1977. Il fait campagne pour l’égalité des droits des homosexuels et empêche le passage d’une loi qui aurait refusé aux gays un poste d’enseignant dans les écoles publiques de Californie.

Quelques mois plus tard, le 27 novembre 1978, Dan White, collègue de Milk mais ouvertement anti-gay et qui vient de perdre son poste, ouvre le feu sur le maire de San Francisco George Moscone et sur Harvey Milk, les tuant tous les deux.

Et c’est après tous ces détours que j’en reviens au sujet de ce blog. L’avocat de White obtient une soit-disant expertise psychiatrique réalisée par le psychiatre Martin Blinder indiquant qu’au moment des faits, White souffrait de dépression et de « diminution de ses capacités ». Ceci l’avait conduit à consommer de grandes quantités de sucre, expliquant ainsi son comportement irrationnel et son crime.  Aux USA, on appelle cela, la « Twinkie defense« . Lisez cet article, si les conséquences n’étaient pas aussi graves il y aurait franchement de quoi rire.

White avait bel et bien prémédité ses crimes. Il savait parfaitement ce qu’il faisait : en 1984, il déclare à l’officier de police Frank Falzon qu’il avait non seulement l’intention de tuer Moscone et Milk mais aussi Carol Ruth Silver, conseillère municipale et Willie Lewis Brown Jr., auteur du projet de loi légalisant l’homosexualité en Californie, « J’avais une mission, il me fallait les quatre. Carol Ruth Silver était la pire des vipères… et Willie Brown, c’était lui le cerveau. »

White est cependant déclaré coupable d’homicide volontaire au lieu de meurtre au premier degré et assassinat avec l’effet de réduire sa condamnation à sept ans de prison.  S’ensuit une série d’émeutes qui sera très sévèrement réprimée.

Il sera libéré au bout de cinq ans et finira par se suicider quelques mois plus tard.

Comment nous en sommes arrivés à remplacer les juges par des psy et à ainsi déresponsabiliser les hommes de leurs actes fera l’objet d’un autre post. Mais le type de décision arbitraire judiciaire que je viens de relater n’est qu’un exemple de ce qui se produit quotidiennement dans le monde. Il est déjà assez horrible d’assister à des crimes. Mais quand les responsables en sortent excusés et impunis, que reste-t-il du concept de justice ?

Drogues psy (suite et fin)

Le dernier post de ce sujet concerne les barbituriques et le lithium.

Un célèbre barbiturique est le Nembutal. D’autres non moins célèbres sont le Gardénal, le Véronal, le Pentothal (ce dernier est utilisé en injection létale dans les états américains où la peine de mort est encore pratiquée). Ce sont en gros des sédatifs extrêmement puissants.

Petite histoire sur l’origine du mot : plusieurs théories se font la guerre si on peut dire.

La première et la plus répandue indique que le terme proviendrait du jour où l’acide barbiturique fut synthétisé par Adolf Von Baeyer le 4 décembre 1864, soit jour de la Sainte-Barbe (Von Baeyer est également connu pour son travail sur les teintures et pour avoir reçu le prix Nobel de Chimie en 1905).

Autre théorie, le terme proviendrait du grec barbitos (=semblable à la lyre), la molécule de l’acide barbiturique présentant la forme d’une lyre…

Tout cela est très poétique et nous éloigne de l’amère réalité des traitements à base de barbituriques. Une des raisons pour laquelle ils sont très dangereux est qu’il est particulièrement difficile de faire la différence entre une dose normale et une « overdose. » Le dosage mortel varie d’un barbiturique à un autre et d’un individu à un autre.

Ils sont habituellement prescrits contre l’anxiété, la dépression et l’insomnie, quoi que beaucoup moins utilisés aujourd’hui, remplacés par les tranquillisants.

Le lithium est prescrit afin de « réguler l’humeur » de ceux qui sont atteints de « troubles bi-polaires ». Plus simplement, il est prescrit aux personnes faisant des hauts et des bas, allant bien un jour et puis mal le lendemain. Il est également utilisé dans le traitement des insomnies

Il s’agit d’un sel minéral. On en trouve en quantité minime dans les minéraux, l’eau, les plantes, ainsi que dans les tissus animaux et humains. Une telle description pourrait nous faire croire (et c’est le cas chez beaucoup de ceux qui le prescrivent ou le consomment) qu’il s’agit d’une substance naturelle, en conséquence totalement saine et sans danger.

Ce qu’il faut absolument savoir c’est que pour obtenir un effet « thérapeutique », le dosage est extrêmement fort et quasiment toxique. Il a également la propriété de s’accumuler dans le corps et de causer des dommages cérébraux ou rénaux irréversibles.

Pour la petite histoire, en 1948 aux USA, ceux devant suivre un régime sans sel purent substituer le sel de table par une solution contenant 25% de chlorure de lithium. Et en 1949, quand on se rendit compte que de nombreux décès étaient dûs à cette solution, la FDA interdit totalement l’utilisation du lithium. Elle l’autorisa à nouveau en 1971 suite à des études « prouvant » l’efficacité du lithium. Je vous laisse réfléchir à cela et je termine avec un extrait du serment d’Hippocrate cher à mon coeur :

« … Je m’abstiendrai de tout mal et de toute injustice. Je ne remettrai à personne du poison, si on m’en demande, ni ne prendrai l’initiative d’une pareille suggestion. »

 

 

Les neuroleptiques

Mon dernier post ayant eu un franc succès, je vais tâcher de rester dans le domaine des arts. Les artistes sont hélas très touchés par les drogues psychiatriques. Ces dernières, tout comme les autres outils dont use la psychiatrie, ont détruit la vie de beaucoup d’entres eux. Je promets donc une série de posts sur ce sujet.

Mais comme promis également , je veux terminer la série de posts sur les drogues. J’ai traité des psychostimulants, des antidépresseurs et des tranquillisants (en particulier le Valium). Les neuroleptiques sont une autre de ces drogues ayant un effet extrêmement violent sur la personnalité et sur la vie en général. Quand je lis les divers témoignages des victimes des neuroleptiques, je me dis qu’il n’y a rien de plus antagoniste à la vie que ce genre de molécule.

On les nomme également antipsychotiques ou tranquillisants majeurs. Comme leur nom l’indique, ils sont utilisés pour traiter ce que les psys appellent les psychoses. Quand vous aurez le temps, amusez-vous à chercher une définition de psychose qui soit la même pour tout le monde. Vous n’en trouverez pas. Wikipédia définit le mot comme « un terme général qui désigne les affections les plus graves ».

Le Vulgaris médical la définit comme « une maladie mentale ne s’accompagnant pas de lésions cérébrales évidentes mais plutôt d’une modification de la perception des faits quotidiens. » Plus loin on peut lire « la psychose dans son acception psychiatrique équivaut à la notion familière de folie. »

En contradiction avec ce qu’on vient de lire, l’Association Canadienne pour la Santé mentale définit la psychose comme « une maladie grave causée par un dysfonctionnement du cerveau. »

Les définitions restent donc extrêmement vagues.

Les symptômes sont variés et encore une fois très subjectifs : pensées confuses (sommes-nous tous psychotiques ? qui n’a jamais eu de pensées confuses ?), impression que ses pensées s’accélèrent ou se ralentissent (ditto), préoccupations bizarres (bizarres pour qui ?), se sentir différent (…), comportements inhabituels (définition du terme « inhabituel » ?).

Les médicaments prescrits pour traiter les psychoses sont donc les neuroleptiques comme la Thorazine (appelée la lobotomie chimique…) le Largactil, l’Haldol pour n’en nommer que quelques uns.

Je relate un fait divers récent concernant les antipsychotiques à la fin de ce post.

Etes-vous prêt pour les effets secondaires ?

. dyskinésie tardive (dyskinésie = mouvement anormal des muscles) caractérisée par des mouvements involontaires de la bouche, de la langue ou des mâchoires. On l’appelle « tardive » parce que les symptômes sont permanents, oui, vous avez bien lu, permanents. Une fois la personne atteinte, l’arrêt de la drogue n’entraîne pas l’arrêt des symptômes… ;  

. syndrôme neuroleptique malin : réaction toxique chez des patients faisant l’expérience de fièvre et devenant confus, agités et extrêmement rigides ;

. akathisie : le préfixe a- = sans et kathisie = position assise. Donc, inaptitude à rester assis, besoin impérieux de bouger. La personne marche de long en large de façon incontrôlée et incontrôlable. Cet effet est également lié aux comportements violents et agressifs qui sont communément observés chez les consommateurs de ce type de drogues.

Et maintenant pour le fait divers : Kelly Brinson, citoyen américain de 45 ans et résidant dans l’Ohio est mort au mois de janvier suite à quelques coups de Taser infligés par la police dans le service psychiatrique d’un hôpital alors qu’il était sans défense et drogué à l’Haldol.

Les médias rapportent que Brinson s’était volontairement rendu à l’hôpital et que trois jours plus tard, il « devint agité et bouleversé quand le personnel de l’hôpital essaya de lui confisquer son téléphone portable qu’il utilisait pour communiquer avec sa famille. » [très franchement et tout personnellement, je crois que je serais sérieusement agitée et bouleversée si on tentait de me retirer le téléphone portable que j’utilise pour communiquer avec ma famille — cet homme n’était pas en prison que je sache, à moins que…].

C’est là qu’on lui injecta une forte dose d’Haldol, puis étant donné qu’il était encore « agité », cinq agents de police essayèrent de le calmer en utilisant un Taser… S’ensuivit un arrêt cardiaque que trois jours de réanimation n’aidèrent en rien… Cet homme est maintenant décédé, alors qu’il recherchait de l’aide, alors que sa famille le croyait en sécurité, alors que les responsables s’en sortent en toute impunité.

Une autre question me trotte dans la tête :  que diable faisaient cinq agents de police dans un hôpital ?

Voilà donc pour la petite histoire.

A suivre.

Petit détour esthétique..

Pour illustrer le propos de ces drogues et de leurs méfaits, voici une (toute) petite histoire sur l’une des dynasties les plus fascinantes du XXème siècle américain, la dynastie Getty.

Je me suis intéressée à cette histoire après avoir visité  le Getty Center sur les hauteurs de Los Angeles qui, pour moi, est l’un des plus beaux musées du monde, en tous les cas l’un des plus impressionnants. Voyez par vous-même l’ampleur du lieu…

J’avais envie d’écrire sur un sujet plus léger que ceux que j’aborde habituellement sur ce blog. J’avais aussi envie de me changer les idées, j’ai donc passé une journée cette semaine dans cet univers d’art et de beauté !

Comme vous le voyez l’endroit est magnifique.

Cette dynastie a été fondée par George Franklin Getty, tout d’abord avocat à Minneapolis, qui fit fortune dans le pétrole et fut un des concurrents directs des Rockfeller dans la recherche et l’exploitation de l’or noir.  A sa mort en 1929, son fils Jean Paul Getty reprit le flambeau de la George Getty Oil Company, et en quelques années en fit une entreprise extrêmement prospère. Mais c’est après la guerre que les millions commencèrent à affluer par centaines quand il acheta des étendues de terre entre l’Arabie Saoudite et le Koweit. Et c’est ainsi que Getty devint le milliardaire qu’on connaît aujourd’hui, l’homme le plus riche du monde en 1957 selon le magazine Fortune.

Il est également connu pour son amour des arts et pour avoir fondé en 1953 le J. Paul Getty Museum à Malibu en Californie. Il était particulièrement intéressé par les formes d’art grecques et romaines ; sa villa à Malibu est en réalité une fidèle réplique d’une villa romaine proche de Pompéi.

C’est en 1997 que toute sa collection fut transportée à Los Angeles, au Getty Center et la villa Getty fut fermée pour rénovations. Elle rouvrit ses portes en 2006 et on peut y admirer une très belle collection de sculptures grecques et romaines.

The inner peristyle of Gett Villa.Fountain and courtyard of the Getty Villa.

Sa descendance cependant fut particulièrement marquée par les drogues. Son fils et son petit-fils portent le même nom que lui, il s’agit des Getty II et III. Ce dernier  fut enlevé très jeune en Italie et fut amputé d’une oreille. Finalement libéré après le versement d’une énorme rançon, il ne s’en remit pour ainsi dire jamais et se tourna vers les drogues qui détruisirent sa santé et sa personnalité. Il fut rendu pratiquement aveugle et paralysé par une overdose de Valium et d’alcool.

Le Valium, « mother’s little helper » comme l’appellent les Anglo-saxons (ceci en raison de son succès foudroyant auprès des mères de famille dans les années 60)*** est un médicament de la famille des benzodiazépines, c’est un tranquillisant. Les médecins le prescrivent pour ses propriétés hypnotiques ( = assiste le sommeil) et anxyolitiques (= utilisé contre l’anxiété).

Dès 1979, le docteur Conway Hunter, Jr., de l’hôpital Peachford à Atlanta écrit que le sevrage de drogues comme le valium « est plus long et souvent plus difficile que pour […] l’héroïne ».  Il suffit de deux semaines de consommation quotidienne pour créer une accoutumance.

Les conséquences d’un tel sevrage sont : anxiété, dépression, sueurs,  crampes,  nausées et réactions psychotiques… Il existe également ce qu’on appelle un « effet rebond » où l’individu  fait l’expérience de symptômes plus terribles encore que ceux liés à l’accoutumance (en gros, au lieu d’être éliminé par voie biliaire, le valium est à nouveau réabsorbé et repasse dans la circulation générale).

Des dizaines d’études entre 1990 et 2008 démontrent les effets pervers d’une telle drogue et le fait qu’elle est immanquablement liée à des actes anti-sociaux et agressifs.

*** Puisqu’il s’agit d’un blog sur « la petite histoire de… », et pour ceux qui comme moi sont des fans des groupes pops des années 60, Mother’s Little Helper est une chanson des Rolling Stones écrite entre 63 et 65 qui évoque l’abus du Valium par les ‘desperate housewives’ de l’époque en Angleterre et aux Etats-Unis (et encore pour la petite histoire, qui a remarqué que cette chanson a été reprise dans la bande son de la série US du même nom ? ).

Je connais cette chanson par coeur depuis des années (« Mother needs something today to calm her down, and although she’s not really ill, there’s the little yellow pill… The pursuit of happiness just seems a bore and if you take more of those you will get an overdose ») et les Stones ont toujours écrit des chansons sur les éléments de la société qui les entouraient.

Voici un extrait d’une interview de Mick Jagger : « Je m’inspire des choses qui m’entourent, la vie de tous les jours telle que je l’observe. Beaucoup disent que j’écris toujours sur les drogues, la dépression, donc que je suis un drogué. C’est ridicule. Certaines personnes ont une telle étroitesse d’esprit qu’il leur est impossible d’admettre que ce genre de choses n’arrivent pas qu’aux pop stars.« 

 

 

 

Les antidépresseurs

Suite du dernier post. Seconde catégorie de drogues psy : les antidépresseurs.

Si’il y a un domaine dans lequel la France est championne du monde c’est hélas pour ce qui est de la consommation d’antidépresseurs. Nous consommons de deux à quatre fois plus que les autres pays européens. Près de 100 millions de boîtes de tranquillisants sont consommées chaque année.

Il existe de nos jours deux types d’antidépresseurs, les récents et les anciens. Je vais être brève et éviter le plus possible d’être technique. La différence réside dans le simple fait que les nouveaux antidépresseurs sont réputés être capables de cibler un agent chimique particulier dans le cerveau. Ce que n’étaient pas capables de faire les anciens. Tout cela provient de la théorie, qui à ce jour n’a pas encore été prouvée, que la dépression ou toute autre « maladie » pour laquelle on prescrit des antidépresseurs a comme source un déséquilibre chimique dans le cerveau.***

Si vous souffrez d’une dépression,  le médecin qui vous prescrira tel ou tel antidépresseur, ancien ou nouveau, le fait en partant du principe que votre cerveau souffre d’un déséquilibre chimique.

Mais aucun médecin, psychiatre ou non, n’a jamais demandé des tests ou des examens permettant de déterminer si déséquilibre chimique il y a et si avéré, quelle en est la nature.

J’imagine que si je souffrais d’un quelconque déficit hormonal, je préfèrerais que le médecin qui me prescrit des hormones le fasse après toute une batterie d’examens sanguins. S’il le ne faisait pas, je penserais qu’il n’a de médecin que le nom et vous seriez d’accord avec moi sur ce point.

Même chose pour les psys.

Le fait est qu’il n’existe absolument aucun test valide permettant de mesurer l’état chimique d’un cerveau vivant.

Et puis, vous me direz, quel rapport entre une cellule (ou même plusieurs) et un état émotionnel ? Je vous laisse méditer sur cette question…

Parmi les nouveaux antidépresseurs, on trouve le Prozac, le Deroxat, le Zoloft, le Paxil, le Paroxat pour n’en citer que quelques uns. Dès 1997, Candace B. Pert, responsable du développement du Prozac note que ce type de drogue « peut également être à l’origine de problèmes cardio-vasculaires chez des sujets sensibles… » En 2002, elle ajoutait  » [ces drogues] sont censées aider mais en réalité elles sont source de violence. Il existe une abondante littérature scientifique qui le confirme. »

Une étude sur les antidépresseurs réalisée en 2004 à l’Université Columbia de New York indique que « les jeunes consommant Zoloft, Celexa, Effexor, Paxil [le Paxil est également commercialisé sous le nom de Deroxat, Seroxat ou Seropram] et Prozac [nom générique : fluoxétine] pouvaient faire l’expérience de pensées ou d’actions suicidaires. »

En 2005, lors d’une interview télévisée sur Fox, Joanna Moncrieff, maître de conférence en psychiatrie à l’Université de Londres et auteure d’une étude dans le British Medical Journal établissant l’absence totale d’efficacité des nouveaux antidépresseurs, expliquait : « La vérité est que nous n’avons vraiment aucune preuve que ces drogues fonctionnent. »

Maintenant, pour ce qui est des anciens antidépresseurs, leur effet sur le cerveau était légèrement différent mais peu nous importe car ce qui nous intéresse ici est leur effet sur la personne. A savoir là encore des risques suicidaires et épisodes de violence, dépression, difficultés à penser et autres.

On note parmi ces antidépresseurs l’Anafranil, l’Elavil et le Ludiomil qui ne sont pratiquement plus prescrits. Les bénéfices des laboratoires pharmaceutiques suite à l’avènement des nouveaux anti-dépresseurs, Prozac en tête, ont augmenté de plusieurs centaines de millions d’euros.

*** Les psychiatres diront que l’imagerie médicale permet de « voir » les changements chimiques dans le cerveau. Voyez la réponse du docteur Edouard Zarifian, chargé en 1995 par Simone Veil, alors ministre de la Santé, d’établir un rapport sur les causes de la consommation des antidépresseurs en France. Zarifian était professeur de psychiatrie et de psychologie médicale à l’Université de Caen : « En dépit de la sophistication grandissante des techniques de la neuro-imagerie cérébrale, aucun résultat n’a été obtenu à ce jour ayant un intérêt pour le diagnostic, pour prédire l’évolution d’un trouble psychique ou pour prévoir la réponse à un traitement médicamenteux. L’imagerie cérébrale permet certes d’établir des diagnostics dans les maladies neurologiques, mais elle ne sert, pour le moment, qu’à fabriquer des hypothèses dans les troubles psychiques.« 

 A suivre…

Petite histoire dans la petite histoire, voici un post sur les drogues psychiatriques et leurs effets plus que pervers.

Parlez à quelqu’un de « drogues psychiatriques » et vous verrez que dans l’imaginaire populaire, celles-ci sont apparentées aux neuroleptiques lourds et violents uniquement administrés dans les services psychiatriques des hôpitaux. Rares sont ceux pour qui le Valium, le Prozac, le Zoloft, l’Anafranil, le Largactil et la Ritaline pour n’en nommer que quelques uns entrent effectivement dans cette catégorie. Qui sait par exemple que le méthylphénidate (nom générique de la Ritaline, du Concerta et d’autres) est selon la DEA structurellement et pharmalogiquement similaire à la cocaine ?  Ce fait est révélé par une étude publiée en août 2001dans le Journal of the American Medical Association (JAMA) mais de telles nouvelles ne font hélas pas la une des journaux. L’étude est disponible ici.

Il faut avant tout savoir que les drogues psychiatriques embrassent ce qu’on appelle communément les psychostimulants, les antidépresseurs, les antipsychotiques (ou tranquillisants majeurs ou encore neuroleptiques) et enfin les anxiolytiques (ou tranquillisants mineurs, ou encore sédatifs). Il y a ensuite ce qu’on nomme les barbituriques puis le lithium.

Il y a très peu d’information sur ce type de drogues. Pour preuve, je suis certaine que la majorité des lecteurs ne saurait pas faire la différence entre une drogue et une autre. Dans quelle catégorie rentre le Prozac ? le Concerta ?

Dans le post d’aujourd’hui je me vais me concentrer sur les psychostimulants.

Le psychostimulant est à la base défini comme « un stimulant du fonctionnement du cerveau ». Jusque là, pas de problème. Nous avons tous des moments où nous aimerions avoir le cerveau un peu plus stimulé si je peux dire, l’idée est effectivement intéressante et attrayante. Le psychostimulant est d’ailleurs défini dans des sites extrêmement populaires (doctissimo.fr) comme stimulant « la vigilance, l’activité intellectuelle et les perceptions ». Il faut savoir que la cocaïne, le LSD ainsi que l’ecstasy sont des psychostimulants. Toutes les amphétamines sont des psychostimulants. Sur le marché pharmaceutique « légal », on trouve des drogues comme le Largactil, le Vyvanse, le Dextrostat, la Dexedrine, la Ritaline, le Concerta, etc.

Ils sont prescrits dans les cas d’hyperactivité infantile (particulièrement la Ritaline et le Concerta) et pour tout ce qui est diagnostiqué comme « Trouble déficit de l’attention/hyperactivité » ou TDA/H. Le célèbre Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM IV) décrit les symptômes du TDA/H comme étant un déficit de l’attention couplé avec une hyperactivité-impulsivité : impulsivité, hyperactivité, impatience, facilement irrité ou  frustré, sautes d’humeur, inattention, difficulté de se concentrer pendant une période prolongée, moments d’absence, rêveries, difficultés à se mettre au travail, problèmes de mémoire, trop de choses en tête à la fois, commencer trop de choses sans en achever aucune, faible tolérance à l’ennui, difficultés de suivre les procédures établies, anti-conformisme, changements fréquents de hobbies, de centres d’intérêt, de travail, agitation, surexcitation, cyclothymie, manque d’organisation, sentiment d’insécurité,  sentiment de manque de réalisation de soi, les manifestations principales du trouble étant le déficit d’attention, l’impulsivité. Il faut également noter que pour les enfants, « être perfectionniste », « poser beaucoup plus de questions que la normale », « avoir un caractère fort », se préoccuper de sujets humanitaires », « être créatif, intuitif, inventif », « faire preuve d’hypersensibilité » et « avoir beaucoup d’énergie et de vivacité » (selon une étude réalisée en 2006 et publiée dans la très sérieuse Revue Médicale Suisse que vous pouvez visualiser ici – son auteur,  S. Tordjman est professeur de pédopsychiatrie à Rennes et note qu’il est parfois difficile de voir la différence entre les enfants surdoués et les enfants atteints de TDA ) sont également des symptômes de TDA avec ou sans hyperactivité… Je vous assure, il y a des choses qu’il faut voir pour y croire…

Mais tous ces concepts sont extrêmement subjectifs. Le terme « prolongé » aura une connotation différente selon l’observateur. Idem pour les « problèmes de mémoire ». Quelle définition donne-t-on au terme « problème » ici ? Combien de choses faut-il avoir en tête pour considérer qu’on en a « trop » ? Comment qualifier la « tolérance à l’ennui » ? Et que veut dire « fréquent » quand on parle de changements fréquents ? Qui n’a pas de moments d’absence ? Où est la limite et surtout qui la détermine ? Vous l’aurez compris, ces soi-disants symptômes sont beaucoup trop subjectifs pour pouvoir être considérés comme scientifiques.

Et vous l’aurez également compris, le plus grave dans tout cela est que n’importe qui peut être ainsi diagnostiqué et donc se voir prescrire un psychostimulant ou un autre. Le problème fondamental réside dans le fait que la psychiatrie s’imisce dans notre vie de tous les jours et considère nos difficultés comme des maladies qui se soignent à coup de médicaments (si l’envie vous en prend un de ces jours, ouvrez le DSM et c’est tout ce que vous trouverez). Car tous ces « symptômes » ne font que refléter les problèmes de la vie, ces problèmes qui font ce que nous sommes mais qui nous donnent également l’occasion de réfléchir à une résolution, d’en apprendre plus sur nous-même et d’en ressortir grandis. Une société qui prétend résoudre les problèmes de l’existence en prenant une pilule enlève à l’homme causalité et responsabilité. Elle est aussi sur le chemin de la déchéance.

Pour terminer ce long post, voici les effets secondaires d’une de ces drogues prise au hasard, le Vyvanse (désolée, je ne l’ai pas trouvé en français). Moi j’appelle ça le serpent qui se mord la queue. A bon entendeur…

A suivre…